VIVRE EN RÉSERVE
NATURELLE (NIAMEY)
Lors de mon reportage sur les girafes de la réserve de Touré, à Niamey, j’ai eu la chance de croiser ce village. Mes guides me déconseillaient fortement d’approcher, parlant d'hostilité.
Je ne savais pas comment entrer en contact avec les habitants. J’étais à 300m de la première maison, et personne en vue. Découvrez la suite de cette rencontre inoubliable.
Le Village Interdit
Lors d’un reportage sur les girafes de la réserve de Touré, à Niamey, j’ai eu la chance de croiser ce village… (Regardez le reportage sur les REINES DE NIAMEY pour le récit précédent !)
Je reprends le cours du récit : Mes guides me déconseillaient fortement d’approcher le village. Ils sont d’ailleurs restés loin. Je ne savais pas comment entrer en contact avec les habitants. J’étais à 300m de la première maison, et personne en vue.
J’approche doucement, et je tombe sur un zébu. Mon premier ! J’adore, je l’approche, lui parle, le caresse, le photographie, à ras du sol aussi, je me retrouve couché même… L’animal est superbe. Je continue avec d’autres « cornus » dont je ne connais pas le nom. Je fais la même chose, naturellement.
L'explosion de joieMais, cette fois, en me redressant, je regarde derrière moi, et je découvre plein d’enfants silencieux ! Je les salue par un coucou surpris et radieux. Ils éclatent de rire et de joie ! Impressionnant. Dès lors je n’ai plus été seul !
Ils me suivaient partout dans le village, groupés. J’avais du mal à ne pas me laisser submerger. Quand je voyais un sujet à photographier, je tendais mon bras sur le côté pour symboliquement les arrêter, et ça a marché. Quand je levais le bras ils criaient, riaient, quand je l’abaissais ils devenaient silencieux. Je n’ai jamais compris la rapidité de notre communication. Un bonheur. C’était aussi rigolo qu’émouvant.
Je continue ma balade dans le village, libre, mais de plus en plus fortement suivi, voire poussé. Les villageois croisés posaient sans difficulté aucune, bien au contraire, je ressentais un plaisir de ce don de soi.
Le Rite de bienvenueEt puis j’arrive sur la place centrale du village. Et là, surprise : Tous les adultes étaient réunis et m’attendaient. J’avoue ne rien avoir compris, mais il faut dire que les enfants étaient tellement bruyants et heureux. Difficile de passer inaperçu ! Je me mets même à photographier un âne, toujours en lui parlant et en le caressant !
Puis, je vois un autre groupe plus petit, sous le grand arbre, c’était les anciens. Je les salue respectueusement par un hochement de tête, la main sur le cœur, à la berbère. L’ancêtre se lève et vient à ma rencontre. Toujours les enfants (silencieux) derrière moi, et sur ma droite les adultes… Et plus loin, la voiture avec les guides – Ils s’étaient rapprochés !
L’ancêtre me serre la main, et on nous amène une calebasse que je dois boire après lui… L’ambiance était si irréelle que je n’ai absolument aucun souvenir de ce que j’ai bu. Mais après la première gorgée, tout le monde a crié de joie.
C’était clairement un rite de bienvenue. Tout le village réuni tout autour. Je serai bien resté quelques jours. Puis j’ai repris les photos, toujours suivi par ces gamins si curieux et touchants.
Le départPetit à petit je m’éloignais du village, jusqu’à retrouver ma solitude – si je revenais, j’étais obligé de rester, manger etc… Et on devait continuer le périple. Mon équipe n’a pas commenté ce qui venait de se passer. Ils n’ont pas été invité. Je n’ai pas compris leur réticence insistante. Ils avaient le regard fier en tout cas.